Beaucoup de praticiens se croient tenus au silence : ni site expressif, ni réseaux sociaux, ni contenu de prévention, par crainte de franchir une ligne déontologique. Cette prudence part d'un vrai principe, mais elle en tire une conclusion trop large. Depuis la réforme du code de déontologie, informer le public n'est plus seulement toléré : c'est un droit reconnu. Ce qui reste interdit, c'est un certain type de communication.
La publicité et la réclame restent interdites, sur tous les canaux. Mais l'information loyale du public, sur votre activité, vos compétences, vos horaires et sur la santé, est désormais autorisée. Toute la nuance est là, et elle ouvre un espace bien plus large qu'on ne le croit.
Un cadre qui a changé
Pendant longtemps, la règle a été comprise comme une interdiction quasi totale de communiquer : la publicité, directe ou indirecte, était prohibée pour les médecins. Depuis la réforme du code de déontologie, portée notamment par le décret du 22 décembre 2020 relatif à la déontologie des professionnels de santé, le principe s'est inversé sur un point clé. Le praticien est désormais libre de communiquer au public, par tout moyen, une information de nature à contribuer à son libre choix. Le code de déontologie médicale est intégré au code de la santé publique, et c'est lui qui fixe les limites de cette liberté.
La logique n'est plus « interdit sauf exception », mais « autorisé à condition que l'information soit loyale ». Cette information doit rester honnête, exacte, actualisée, et respecter le secret médical, la confraternité et la dignité de la profession. Elle ne doit pas se transformer en argument commercial. C'est cette exigence de loyauté, et non la nature du support, qui trace la frontière.
La ligne de partage
D'un côté, la publicité : tout procédé qui cherche à se mettre en avant pour capter la patientèle, à promettre un résultat, à se comparer à un confrère. Elle reste prohibée, sur tous les canaux, réseaux sociaux compris. De l'autre, l'information du public : renseigner le patient sur votre activité, vos domaines de compétence, vos titres et qualifications reconnus, vos horaires, votre localisation, et l'informer sur la santé par un contenu de prévention ou de pédagogie. Elle est autorisée.
La différence ne tient pas au support, mais à l'intention. Un même canal peut porter les deux registres. Une publication qui explique un geste de prévention, décrit un parcours de soins ou présente une compétence du cabinet informe. Une publication qui vante les mérites du praticien, promet une guérison ou se compare aux autres bascule du côté prohibé. C'est l'objet du message qui tranche, pas l'outil qui le diffuse.
Quatre repères pour rester du bon côté
Informer, pas vanter
Renseigner sur votre activité et sur la santé, sans chercher à capter la patientèle par la réclame.
Signer au nom d'un praticien
Le contenu s'attache à un professionnel identifié du cabinet, qui l'assume et en répond.
Protéger le secret médical
Rien qui touche à un patient ou à un dossier. Aucun témoignage de patient mis en avant.
Ni comparaison ni promesse
Pas de comparaison avec un confrère, pas de promesse de résultat ni de guérison.
Deux registres, côte à côte
Poser la frontière au bon endroit évite deux erreurs opposées : franchir la ligne, ou s'interdire tout ce qui est en réalité permis.
- La publicité et la réclame : tout procédé cherchant à capter la patientèle, sur tous les canaux.
- La promesse de résultat ou de guérison, sous quelque forme que ce soit.
- La comparaison avec d'autres praticiens et le témoignage de patient mis en avant.
- Le détournement de patientèle et le compérage : le secret médical, lui, ne cède jamais.
- Présenter votre activité, vos domaines de compétence et vos titres et qualifications reconnus.
- Indiquer vos horaires et votre localisation, et les modalités de prise de rendez-vous, Doctolib compris.
- Publier un contenu de prévention et de pédagogie médicale, signé par un praticien du cabinet.
- Informer sur vos honoraires de façon loyale, sans en faire un argument d'appel.
Ce que cela permet concrètement
Une fois la frontière comprise, l'espace ouvert est large. Des contenus de prévention réguliers, où un praticien explique une pathologie, un symptôme ou un geste de santé, informent sans vanter. Des pages de compétence, une par spécialité ou par service, renseignent le patient sur ce que vous prenez en charge et sur le parcours de soins. Une fiche à jour sur Google et sur Doctolib, avec vos horaires, votre localisation et vos modalités de rendez-vous, relève de la même logique d'information loyale. Autant de formats qui restent du côté autorisé, tant qu'ils informent et qu'un praticien les signe.
C'est précisément ce que porte notre offre Réseaux sociaux : transformer l'expertise de votre cabinet en publications régulières, signées, à visée informative, dans le respect strict de la déontologie médicale. Non pour faire de la publicité, mais pour rendre visible un savoir qui existe déjà chez vous.
Questions fréquentes
Un médecin a-t-il le droit de communiquer sur son activité ?
Oui. Depuis la réforme du code de déontologie, un médecin peut communiquer au public une information loyale sur son activité : ses domaines de compétence, ses titres et qualifications reconnus, ses horaires, sa localisation et les modalités de prise de rendez-vous. Ce qui reste interdit, c'est la publicité et tout procédé cherchant à capter la patientèle.
Peut-on publier sur les réseaux sociaux quand on est professionnel de santé ?
Oui, à condition d'informer plutôt que de faire de la réclame. Une publication de prévention, une explication d'une pathologie ou d'un geste de santé, signée par un praticien, relève de l'information loyale du public. La publicité, la promesse de résultat, la comparaison avec d'autres praticiens et le témoignage de patient restent, eux, prohibés.
Quelle est la différence entre publicité et information du public ?
La publicité cherche à se mettre en avant pour capter la patientèle. L'information du public renseigne le patient sur l'activité du praticien et sur la santé, de façon loyale et vérifiable, pour contribuer à son libre choix. La première est interdite, la seconde autorisée. Toute la nuance tient dans l'intention : informer, pas vanter.
Peut-on afficher ses honoraires et ses avis Google ?
Les honoraires peuvent être communiqués comme une information loyale, jamais comme un argument d'appel ou une comparaison de prix. Les avis des patients relèvent de plateformes comme Google et non du praticien : ils ne se trient ni ne se filtrent, et un témoignage de patient ne peut pas être mis en avant comme réclame. Répondre aux avis avec mesure, sans révéler d'information couverte par le secret médical, reste possible.
Sources
- Code de la santé publique, code de déontologie médicale, dispositions relatives à l'information du public et à l'interdiction de la publicité (Légifrance).
- Décret n° 2020-1662 du 22 décembre 2020 relatif à la déontologie des professionnels de santé (Légifrance).
- Conseil national de l'Ordre des médecins, publications sur la communication et l'information du public par les médecins (conseil-national.medecin.fr).
Contenu à visée informative. Les points de déontologie doivent être appréciés au regard de la situation propre à chaque praticien et, en cas de doute, soumis au Conseil de l'Ordre.